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2021-04-16

Bien que les émissions de polluants atmosphériques importants causés par les activités humaines (trafic, industrie, etc.) avaient fortement diminué avec les perturbations due au COVID-19, nous avons constaté que les niveaux atmosphériques de polluants secondaires comme l'ozone augmentaient dans plusieurs endroits du monde. Les chercheurs de l’IASB ont contribué à la première étude de modélisation globale visant à élucider et à quantifier les causes de cet apparent paradoxe.

Les résultats, publiés dans le « Journal of Geophysical Research », soulignent que la diminution relative des niveaux d'oxyde d'azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV) joue un rôle important : dans des endroits où les niveaux de NOx et de COV sont habituellement extrêmement élevés, comme le nord de la Chine, la pollution par l'ozone a augmenté de manière significative pendant le confinement. En effet, les NOx ne contribuent pas seulement à la formation de l'ozone, mais à des niveaux très élevés, ils contribuent également à sa destruction. Si les niveaux de NOx baissent suffisamment pour arrêter le processus de destruction, mais pas assez pour arrêter le processus de formation, la pollution par l'ozone augmente au lieu de diminuer.

Une autre cause de l'augmentation de l'ozone dans certains endroits est la météo : dans les villes du nord de l'Europe, le temps exceptionnellement ensoleillé pendant la période de confinement de mars-avril 2020 a entraîné une plus grande pollution par l'ozone, car les NOx et les COV réagissent plus facilement lorsqu'il y a plus de lumière du soleil et de chaleur.

« Cette étude donne un aperçu des mesures qui pourraient être prises pour réduire les émissions et améliorer la qualité de l'air », déclare Guy Brasseur, ancien scientifique de l’IASB et coauteur de l'étude. « Nous avons appris qu'une approche unique peut ne pas être efficace. Les mesures qu'il peut être nécessaire de prendre varient en fonction de la saison et de l'endroit. »

L'atmosphère est une soupe chimique complexe et sa compréhension pose de grands défis. « Les modèles atmosphériques sont puissants pour aborder les interactions complexes qui déterminent la qualité de l'air que nous respirons, et si importants pour interpréter ce que nous observons », ajoute Jenny Stavrakou, co-auteur de l'étude.

Étude

Auteurs: Benjamin Gaubert, Idir Bouarar, Thierno Doumbia, Yiming Liu, Trissevgeni Stavrakou, Adrien Deroubaix, Sabine Darras, Nellie Elguindi, Claire Granier, Forrest Lacey, Jean-François Müller, Xiaoqin Shi, Simone Tilmes, Tao Wang, and Guy P. Brasseur
Revue: Journal of Geophysical Research: Atmospheres

 

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Les chercheurs de l'IASB ont contribué à la première étude de modélisation globale visant à élucider et à quantifier les causes de l'apparent paradoxe de l'augmentation des polluants secondaires en réponse au confinement due au COVID-19.